Installée à Dieppedalle, au cœur de l’espace Hector-Malot, l’association Au fil du bois fait rimer menuiserie avec transmission, mutualisation et convivialité. Atelier partagé ouvert aux professionnels comme aux amateurs, elle défend une pratique accessible du travail du bois, fondée sur le plaisir de faire ensemble.
Anaïs Lafontaine, secrétaire de l’association et adhérente, revient sur l’histoire de ce collectif singulier.
Pouvez-vous présenter l’association ?
Nous sommes une association de menuiserie qui dispose d’un atelier partagé à Dieppedalle, à l’espace Hector-Malot. Notre objectif est de promouvoir et de rendre accessible le travail du bois à tous. En semaine, l’atelier est utilisé par des professionnels. Le week-end, un professionnel du collectif ouvre l’atelier aux amateurs. Les séances se font en semi-autonomie : le professionnel veille à la bonne utilisation des machines et à la sécurité, mais chacun travaille sur son propre projet. C’est ouvert à tous, du débutant au plus confirmé. Le cœur du projet repose sur le partage entre adhérents.
Combien comptez-vous de membres ?
Nous avons entre 40 et 50 adhérents par an. Les présences sont très ponctuelles. Les gens viennent par projet : par exemple, quelqu’un peut travailler pendant six mois sur un lit en mezzanine, puis ne plus venir pendant plusieurs mois. Le week-end, on retrouve généralement entre six et huit personnes à l’atelier.
Comment est née l’association ?
Elle existe depuis onze ans. À l’origine, un menuisier installé à Darnétal disposait d’un atelier spacieux et bien équipé. Des amis menuisiers et bricoleurs venaient régulièrement utiliser ses machines. Petit à petit, l’idée de mutualisation s’est imposée, jusqu’à la création officielle de l’association. L’objectif était de donner accès à des machines professionnelles et de favoriser la transmission des savoirs. L’esprit de collaboration est central, entre professionnels comme entre amateurs.
Proposez-vous des activités collectives ?
Les stages sont ouverts à tous et constituent souvent une porte d’entrée dans l’association. Ils se déroulent sur deux jours complets et permettent de découvrir la menuiserie, du bois brut à l’ouvrage fini. Les stagiaires repartent avec leur création (Un stage aura lieu les 7 et 8 février prochains). L’association fournit la matière première et les machines. L’ambiance est toujours très conviviale ; c’est d’ailleurs l’une de mes parties préférées.
Travaillez-vous sur des projets communs ?
Oui, notamment pour l’aménagement de l’atelier : installation des machines, système d’aspiration, stockage du bois. Cette année, nous envisageons aussi de participer au concours de design de Fibois Normandie. On ne sait pas encore si on fait un design commun ou si on se challenge entre nous pour faire un design chacun.
D’où provient le bois utilisé ?
Nous avons acheté un stock provenant d’un menuisier partant à la retraite. Cela permet aux adhérents de découvrir le bois brut à moindre coût. Nous le revendons à 30 ou 40 % du prix actuel, pour lever les freins au démarrage. Ensuite, nous encourageons l’achat en scieries normandes, en favorisant le circuit court et les achats groupés.
Que représente l’espace Hector-Malot pour vous ?
Nous en sommes ravis ! Nous avons été les premiers à nous installer à Malot. Le local convient à nos besoins : nous avons les deux préaux en plus du réfectoire qu’on a pu adapter avec un système d’aspiration des poussières. Il y a de l’espace, peu de voisinage, et une possibilité d’adaptation. La Ville a beaucoup œuvré pour la visibilité du site, avec notamment l’arrivée des autres associations, et plus récemment, celle d’ Et’c Terra, ainsi qu’avec l’événement Malot en fête, qui contribue à faire connaître le lieu.
Comment accompagnez-vous les débutants ?
Une initiation à la sécurité est obligatoire et primordiale pour les amateurs, en présence d’un professionnel. Nous encourageons également les projets simples à réaliser pour commencer et mettons à disposition des revues techniques qui déploient pas à pas les projets. Les professionnels sont aussi présents pour partager leur savoir-faire.
Étiez-vous novice en arrivant ?
Pas totalement. J’avais déjà suivi deux semaines de formation pendant le confinement. À mes débuts, j’ai surtout participé à l’aménagement des locaux.
Quelles valeurs défendez-vous ?
La coopération, l’inclusion et le partage. Nous accueillons tous les profils. Aujourd’hui, nous comptons davantage de femmes qu’au début, ce qui est une vraie réussite.

Une image pour résumer l’association ?
« Faire des copeaux ensemble ». Le travail manuel, parfois silencieux, devient presque méditatif.
Quelle est, selon vous, la plus belle réalisation de l’association ?
La structure en bois réalisée pour l’ouverture de la Forêt Monumentale, qui aujourd’hui se trouve à l’accueil de l’Hôtel de Ville. Un projet artistique, en bois local, mené de la conception à l’installation publique. Et c’était cool que la mairie valorise un artisan local. Et ce que peu de gens savent, c’est qu’elle a été réalisée ici, à l’espace Malot !
Que souhaitez-vous dire aux Cantiliens ?
Que c’est une chance d’avoir un atelier partagé avec des outils professionnels sur Canteleu. Il ne faut pas avoir peur de venir, même si c’est juste pour voir ce que l’on fait et pourquoi pas… sauter le pas pour nous rejoindre !
Au fil du Bois propose un stage les 7 et 8 février, à l’Espace Malot, Dieppedalle. Il est ouvert à tous.
Le thème : fabrication d’un tabouret.
Inscription possible sur HelloAsso
Contact : aufildubois.rouen@gmail.com
