Chaque semaine, qu’il vente, qu’il pleuve ou… qu’il neige, les 11 élèves du dispositif ULIS (Unité Localisée pour l’Inclusion Scolaire) s’aventurent dans le clos aux Moines, où une parcelle de forêt mise à disposition via une convention signée avec l’ONF, les accueille. Sous la houlette de Louise Leclerc, coordinatrice ULIS et de Tonia Leroux, ASEM, les enfants s’offrent une parenthèse rare : celle d’apprendre autrement.
L’objectif est simple : déplacer les notions travaillées en classe vers un espace vivant.
Mathématique, géométrie, observation, land art… « les classes dehors permettent d’apprendre autrement, quel que soit le temps, quel que soit l’âge, les besoins éducatifs particuliers ou le handicap de l’enfant », précise Louise Leclerc, coordinatrice ULIS de l’école Gustave-Flaubert. « Toutes les semaines, nous travaillons autrement les notions que nous avons vues en classe qui sont parfois difficile pour eux. »
Ce vendredi-là, au programme, tracer un triangle avec les éléments de la nature à leur disposition. Mais attention ! Certaines règles sont à respecter comme ne pas arracher les feuilles, les branches, par exemple.
Un concept qui marche !
Cette première année de “classe dehors” marque un tournant pour Louise. Inspirée par des pratiques souvent menées en maternelle, elle voulait offrir à ses élèves ayant des troubles de l’attention, une autre façon de se concentrer. Manipuler le fusain, représenter les arbres, écouter le vent… Autant d’activités qui musclent la motricité fine autant qu’elles apaisent les esprits. Les sessions durent parfois deux heures, notamment en automne, lorsque les couleurs et les odeurs enchantent le groupe. « On prend le temps de regarder la nature, d’écouter les oiseaux », précise Louise. « Ils ont remarqué que plus on s’éloignait de la route, mieux ils entendaient les oiseaux, le bruissement du vent dans le feuillage, les branches craquer etc. Ils adorent également chercher les champignons, même s’ils n’ont pas le droit d’y toucher (rire) ».
La forêt, un repaire de belles trouvailles !
Certains élèves adorent manipuler les feuilles, la terre et attendent impatiemment ce moment de la semaine. D’autres y sont moins sensibles mais profitent tout autant et autrement, en observant la nature. « En octobre, ils étaient heureux », ajoute Louise, « Ils ont pu ramasser des châtaignes et les emporter chez eux. Certains en ont dégusté pour la toute première fois. »
En classe, ces trouvailles nourrissent de nouveaux projets comme par exemple, un alphabet de marrons, dessins au fusain ou au pastel, souvenirs collés dans le cahier de la classe dehors.
Un jour, l’aventure a même changé de décor : la forêt a laissé place à la cour de l’école lorsqu’un petit visiteur, un hérisson, y a élu domicile. Les élèves lui ont fabriqué un abri improvisé avant d’en faire le schéma. Un moment inattendu, mais fidèle à l’esprit du projet : observer, protéger et apprendre autrement.


Un moment suspendu pour les parents également
Chaque semaine, Louise photographie ses élèves au même endroit, sous le même arbre. Une manière douce de suivre la transformation des saisons… et celle des enfants, qui grandissent, s’apaisent et se familiarisent peu à peu avec ce coin de forêt qu’ils ne connaissaient pas pour certains.
Les familles ne sont pas en reste puisqu’elles découvrent l’exploration de leurs enfants à travers les photos prises par Louise. « Nous avons même emmenés les parents dans notre petit coin de paradis lors d’un goûter brioche–chocolat chaud avant Noël ».
Voir leurs enfants évoluer dans ce cadre, comprendre leurs créations, feuilleter les photos attendues chaque semaine : autant de liens qui renforcent la fierté de tous.
À terme, Louise espère embarquer d’autres classes de l’école Flaubert, notamment les CM1-CM2 pour partager avec eux les joies de la géométrie et autres notions scolaires en plein air.
Rencontre avec Jonathan
Moi j’aime bien aller en forêt parce que ça change du travail en classe. On fait des activités qu’on ne fait pas en classe. J’adore quand on se balade parce que ça fait marcher les jambes. Mais ce que je préfère c’est le calme, la nature et écouter les oiseaux.