Coup de projecteur sur Lionel Vigreux

Dans l’ombre de la salle de cinéma, il veille sur chaque séance. Discret mais essentiel, Lionel Vigreux, projectionniste, fait vivre la magie du grand écran à l’Espace Culturel François-Mitterrand. Portrait.

Le Cantilien : Bonjour Lionel, comment es-tu devenu projectionniste ? Une vocation ou un heureux hasard ?!

Lionel Vigreux : À la base ce n’était pas du tout une vocation, je suis arrivé pour justement répondre à un besoin qui était technicien du spectacle, et la mission de projectionniste en faisait partie. C’est de cette façon qu’à l’époque j’ai été recruté par Alain, l’ancien régisseur, en tant qu’intermittent du spectacle. Initialement j’étais dans le paysagisme d’intérieur, comme menuisier, commercial puis responsable logistique, j’ai même fait de l’informatique réseaux ; mais je voulais me rapprocher de mes passions qui sont la musique, le son, toucher les boutons des consoles : c’est ce qui m’a amené à venir ponctuellement donner un coup de main à l’ECFM à partir de 2014, puis à être embauché définitivement en mars 2020 !

Qu’est-ce qui t’as donné cette envie de venir travailler dans un équipement municipal ?

Essentiellement la musique, car j’étais musicien amateur et j’ai fait quelques concerts avec mes différents groupes. C’est là que j’ai découvert les salles, le côté technique, et ça me bottait bien. Cela m’a poussé à rentrer à l’ESRA de Paris, une grosse école qui propose des formations aux métiers du cinéma et de l’audiovisuel, sur la partie technicien son. Mais ce qui me plait avant tout dans le fait de travailler sur un tel équipement, c’est de pouvoir toucher différents publics, des passionnés aux écoles en passant par les associations. Nous avons une salle qui est polyvalente et c’est vraiment intéressant.

Ça ressemble à quoi la journée type d’un projectionniste ?

Il faut savoir qu’en amont il y a toute une partie programmation qui est assurée par Thierry Jourdain, le programmateur et responsable du service culture. Il choisit les films dans un catalogue fournit par notre distributeur Noe Cinémas. Une fois que j’ai récupéré les films sur une plateforme de téléchargement légale dédiée aux cinémas ou sur disque dur, j’effectue un transfert sur ma machine qui prend entre 1h30 et 2h. Puis la veille de la première diffusion, le mardi, je reçois un petit fichier qui me permet de lire le film. C’est une sorte d’autorisation avec une certaine durée de validité. J’ai également pour missions d’assurer la programmation et le rallumage de la salle, de créer les prochaines bandes-annonces…Ensuite, je dois remettre les films au distributeur une fois que les diffusions sont terminées. Et ainsi de suite !

Selon toi, c’est quoi l’avantage d’une salle comme Canteleu par rapport à un multiplex ?

De nos jours avec les nouvelles technologies, on peut lancer une séance de façon automatique comme le font les grands complexes. Personnellement je préfère le faire manuellement, ça me permet de prendre la température de la salle, de jauger le public qui arrive, prendre le temps de décaler le début du film au cas où une personne à mobilité réduite arriverait au dernier moment. On est une petite salle et on a les moyens de s’adapter à notre public, afin qu’il soit « confort ». Les gens, je les accueille à la porte, je les connais quasiment tous ; je trouve que c’est plus humain et ça nous permet de les recevoir dans les meilleures conditions possibles. On ne trouve pas forcément cette convivialité dans les grands cinémas. Et puis bien sûr il y a une tarification qui est attractive, notamment avec les pass et le tarif à 2€ la séance durant les vacances.

« Ici, on se sent comme à la maison »

Quelles qualités sont indispensables pour exercer ce métier aujourd’hui selon toi ?

La première des choses, et cela rejoint notre mission de service public, c’est de recevoir les gens et de les prendre en considération, je pense. Après techniquement, il faut être un petit peu « geek » * car depuis les années 2000 et l’arrivée du numérique, le métier a tout de même changé et les compétences se sont déplacées. Et puis il faut être cinéphile bien entendu !

Un souvenir marquant ou insolite que tu as vécu au cours d’une séance ?

Oui, je me souviens de cette dame qui a apporté sa glacière et son pique-nique dans la salle pour manger devant un film. Dans ces cas-là nous intervenons pour expliquer les choses car cela n’est pas autorisé, elle l’a bien accepté. C’était très rigolo !

 

Est-ce que tu ressens les réactions du public, même en étant en régie ?

Oui bien sûr, je fais plusieurs allers-retours à travers le hublot pour voir un peu comment se déroule la séance. J’ai aussi un monitoring qui me permet d’entendre ce qu’il se passe. C’est encore là l’avantage d’une petite salle, on ressent bien l’atmosphère qui peut y régner.

Si tu pouvais programmer la séance idéale, ce serait quoi pour toi ?

Il y a déjà une chose que l’on aimerait développer, en tous cas on en parle, ce serait de faire des séances-débat et puis pourquoi pas essayer de créer un petit festival. En gros, un temps documentaire que l’on ferait de façon régulière, je pense que c’est très apprécié. En termes de films, c’est difficile car j’ai plein de coups de cœur, et cela dépend des humeurs et des styles ! Personnellement j’aime beaucoup l’Étrange histoire de Benjamin Button. C’est ça que j’aime dans le cinéma, ça vous fait plonger dans un monde imaginaire avec des réalisateurs qui ont des idées incroyables, qui vous transportent. Le cinéma, c’est facile d’accès pour tout le monde.

Des nouveautés prévues pour cette année ?

Oui, le mois prochain la salle va être équipée d’un nouveau projecteur disposant d’une technologie récente. Notre équipement actuel a 13 ans, c’est une vraie bonne machine mais la marque a arrêté sa fabrication et ne propose plus de mises à jour. De plus, les pièces sont de plus en plus difficiles à trouver sur le marché, et donc de plus en plus chères. Il fallait donc anticiper cette problématique ; c’est pourquoi le Ville va acquérir une machine qui répond à de nouvelles normes, notamment à travers une projection laser ; c’est la technologie avec laquelle tous les cinémas sont en train de s’équiper. Par son fonctionnement à LED, ce projecteur aura un faible impact environnemental avec une réduction des consommations d’énergie et un entretien moindre, donc une facture réduite pour la commune. À titre indicatif, sur une machine traditionnelle nous sommes sur une durée de lampe de 15 000 heures ; là on sera à 50 000 heures ! C’est un vrai progrès.

Un mot pour les personnes qui ne connaîtraient pas la salle ?

Plus qu’un mot ! Je les invite à venir voir nos séances et à prendre goût au cinéma. C’est vraiment un bon moment à passer, que ce soit avec des amis, en familles, en couple ou avec des enfants. Avec ce nouvel équipement, on aura une véritable immersion dans le son, qui sera encore plus qualitatif. Films d’auteurs, fantastiques, fictions, Marvel…il y en a pour tous les goûts, alors simplement…venez !

Pendant les vacances, le ciné est à 2€

Pendant les vacances, profitez d’une sortie cinéma à petit prix ! La Ville propose l’entrée au tarif exceptionnel de 2€ seulement, une belle occasion de découvrir ou redécouvrir des films en famille ou entre amis. Au programme : Tafiti les dimanche 15 et mardi 17 février, Bob l’éponge : le film le mercredi 18, dimanche 22 et mardi 24 février, ainsi que Les Légendaires le mercredi 25 février, dimanche 1er et mardi 3 mars. Toutes les informations sur les séances sont disponibles sur le site de l’Espace Culturel François-Mitterrand

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